"C'est super sympa ici !" Il regarde l'eau couler, tandis que je me bats avec mes fringues pour pas trop les salir sur les feuilles mouillées. Il s'en rend compte :
"Ben ouai, on est pas vraiment habillés pour une escapade champêtre !"
Hum, c'est le moins que l'on puisse dire. Ma robe courte remonte sur mes cuisses, se plisse sous mes fesses, c'est la galère totale ! Seules mes vieilles converses noires ne craignent plus rien, même si elles paraissent nickel. Evidemment, lui, comme pratiquement tous ses collègues mâles, se moque royalement de ce qui peut arriver à ses vêtements.
Peu importe. Avec lui, je suis complètement à l'aise. Pendant une petite heure, on parle de tout et de rien. On discute de son groupe, de mon équipe, de ses voyages, de mes compétitions... A vrai dire, il est complètement adorable. Il lance des cailloux dans l'eau, et commence à se confier :
"Tu sais des fois, avec les gars, on rencontre des filles. Elles sont super : drôles, attachantes, parfois belles... même très belles. Alors tu vois, on passe de bonnes soirées. Des nuits palpitantes, aussi." Il regarde dans le vague. J'attends la suite.
"Et puis on s'imagine des choses. Un peu trop peut-être... Au fond, des fois on est un peu comme des filles : on rêve, on croit qu'on gardera contact, qu'on restera au moins amis. On se l'avoue pas, mais on espère tous... même Tom. Et puis le lendemain, les journaux parlent déjà de nos folies nocturnes, et les mêmes nanas balancent des scoop plus ou moins vrais sur nos exploits relationnels. Alors on se sent seuls. Très seuls. Mais ça, on en parle pas, nous les gars."
"Pourquoi tu me raconte tout ça, Gustav ?"
Il tourne la tête vers moi : son regard est profond, franc, sans détour. J'ai l'impression qu'il lit mon âme.
"Parce qu'au fond, t'es comme nous. T'es propulsée dans un monde hypocrite, sans rien avoir demandé. Je sais ce que tu vas me dire, que c'est génial ce qui nous arrive. J'suis d'accord, mais les vraies relations, celles qui n'ont rien à voir avec la célébrité ou l'argent, ça te manque pas ?"
Il touche un point sensible. Il a tellement raison...
"Tu sais, je m'y suis fait, à force. Il faut savoir faire des sacrifices. Et puis l'amitié, c'est le principal non ?" Je ne suis pas persuadée par ce que je dis, et il le voit bien.
Mon portable sonne dans la voiture, quelques mètres plus loin. Je me précipite. C'est Mathieu :
"Hey, ça roule ? Dis-moi, on se sent un peu seuls entre mâles, là... Les filles sont parties faire du shopping. En plus on a perdu Gustav !"
Evidemment, faut qu'on rentre.
Dans le salon, Tom et Mathieu sont toujours vautrés sur le canapé, mais cette fois en compagnie de Georg et de Bill.
"Les coquins, ils nous avaient discrètement faussé compagnie !" L'humour décapant de Mat' fait rire tout le monde, sauf le blond gringalet adepte des batailles de confiture : il me jette un regard noir. C'est quoi son problème ?
Je pars un peu plus loin sur un fauteuil m'occuper de paperasserie concernant les recettes de l'hôtel. Au bout d'une heure, je chope un mal de tête affreux et je monte les rejoindre dans la chambre de Mathieu.
"Wow, Miss Monde est de retour !"
"Tiens, tu parles à nouveau, Tom ?" Le pauvre, je lui ai coupé le sifflet.
Ils regardent la télé, pour changer. Ils sont assis sur des fauteuils, ou allongés sur le lit. Dure dure, la vie de star... Gustav les rejoint :
"Et euh, sinon... tu compte rester debout sur le pas de la porte ?" Décidément, il parle beaucoup, d'un seul coup !
"Ca sent le fauve ici. C'est glauque." Je prend un air dégoûté. Mathieu est vexé.
Je pars dans ma chambre, je somnole sur le lit. Je me sens lourde, fatiguée, j'ai trop chaud.
Je rêve que quelqu'un s'approche de moi, me caresse l'épaule, le dos, la joue. Je sens quelque chose de froid sur mes lèvres, une sensation humide. C'est pas désagréable, mais je n'arrive pas à voir qui m'embrasse. Soudain, je sens un souffle chaud dans mon cou. Je me relève sur les coudes, d'un seul coup.
A quelques centimètres de moi, Gustav est allongé sur le côté, tourné vers moi. Je me lève complètement, redescends ma robe précipitamment. Il me regarde, toujours sur le lit. Je crois qu'il attend que je parle, mais je suis incapable de prononcer le moindre mot. Je suis surprise, vexée de m'être laissée faire à ce point, mais au fond, ça ne m'a pas déplu.
Ce garçon, allongé dans ma chambre, est tout simplement magnifique : le soleil, traversant les rideaux, donne des reflets blonds à ses cheveux, son visage est paisible, son corps détendu...
"Gustav, c'était peut-être pas le bon moment."
"Si on attend éternellement, on rate les meilleures occasions." dit-il en se levant.
Il s'approche de moi, passe sa main dans mes cheveux, et me prend dans ses bras. Il sent bon, il est doux. Il embrasse ma joue.
"Tu devais pas t'entraîner ?" Il a raison : je regarde l'heure, et c'est la panique.
"Merde, j'ai plus qu'une demi-heure pour me préparer et préparer mon cheval..."
Du coup, il s'éloigne pour sortir. En le suivant du regard, je m'aperçois que quelqu'un est debout sur le pas de la porte, appuyé contre le mur : Tom a visiblement assisté à toute la scène.
Gustav est aussi surpris que moi ; il rentre assez vite dans sa chambre, l'air gêné. L'autre ne lâche pas mon regard.
"Ca va vite, ici..."
"J'ai pas à me justifier. T'es vexé, mais tu sais y'a d'autres filles que moi !" Il commence à m'énerver, le bad boy de service.
"Et si c'est pas elles que je veux ?"
"Mon pauvre, t'es à plaindre. Dans la vie, on a pas toujours ce qu'on veut, ni qui on veut." Le problème, c'est qu'il a l'air sérieusement mal. Soit triste, soit énervé, je sais pas trop. Son visage est super crispé, et j'ai l'impression que d'un instant à l'autre il va me frapper.
"Tom... sors de ma chambre." J'essaye de prendre le ton le plus calme possible, comme pour m'excuser. Visiblement, ça lui suffit pas. J'en ai marre de ses silences. Je sais même pas ce qu'il me veut.
"Bon, si tu m'expliquais ?" Ah, le specimen réagit enfin. Il s'approche, l'air super décidé. Là, soit je me prend une giffle, soit...
"Sors pas avec Gustav."
Et sur ces douces paroles, il s'en va, l'animal !
"Ben ouai, on est pas vraiment habillés pour une escapade champêtre !"
Hum, c'est le moins que l'on puisse dire. Ma robe courte remonte sur mes cuisses, se plisse sous mes fesses, c'est la galère totale ! Seules mes vieilles converses noires ne craignent plus rien, même si elles paraissent nickel. Evidemment, lui, comme pratiquement tous ses collègues mâles, se moque royalement de ce qui peut arriver à ses vêtements.
Peu importe. Avec lui, je suis complètement à l'aise. Pendant une petite heure, on parle de tout et de rien. On discute de son groupe, de mon équipe, de ses voyages, de mes compétitions... A vrai dire, il est complètement adorable. Il lance des cailloux dans l'eau, et commence à se confier :
"Tu sais des fois, avec les gars, on rencontre des filles. Elles sont super : drôles, attachantes, parfois belles... même très belles. Alors tu vois, on passe de bonnes soirées. Des nuits palpitantes, aussi." Il regarde dans le vague. J'attends la suite.
"Et puis on s'imagine des choses. Un peu trop peut-être... Au fond, des fois on est un peu comme des filles : on rêve, on croit qu'on gardera contact, qu'on restera au moins amis. On se l'avoue pas, mais on espère tous... même Tom. Et puis le lendemain, les journaux parlent déjà de nos folies nocturnes, et les mêmes nanas balancent des scoop plus ou moins vrais sur nos exploits relationnels. Alors on se sent seuls. Très seuls. Mais ça, on en parle pas, nous les gars."
"Pourquoi tu me raconte tout ça, Gustav ?"
Il tourne la tête vers moi : son regard est profond, franc, sans détour. J'ai l'impression qu'il lit mon âme.
"Parce qu'au fond, t'es comme nous. T'es propulsée dans un monde hypocrite, sans rien avoir demandé. Je sais ce que tu vas me dire, que c'est génial ce qui nous arrive. J'suis d'accord, mais les vraies relations, celles qui n'ont rien à voir avec la célébrité ou l'argent, ça te manque pas ?"
Il touche un point sensible. Il a tellement raison...
"Tu sais, je m'y suis fait, à force. Il faut savoir faire des sacrifices. Et puis l'amitié, c'est le principal non ?" Je ne suis pas persuadée par ce que je dis, et il le voit bien.
Mon portable sonne dans la voiture, quelques mètres plus loin. Je me précipite. C'est Mathieu :
"Hey, ça roule ? Dis-moi, on se sent un peu seuls entre mâles, là... Les filles sont parties faire du shopping. En plus on a perdu Gustav !"
Evidemment, faut qu'on rentre.
Dans le salon, Tom et Mathieu sont toujours vautrés sur le canapé, mais cette fois en compagnie de Georg et de Bill.
"Les coquins, ils nous avaient discrètement faussé compagnie !" L'humour décapant de Mat' fait rire tout le monde, sauf le blond gringalet adepte des batailles de confiture : il me jette un regard noir. C'est quoi son problème ?
Je pars un peu plus loin sur un fauteuil m'occuper de paperasserie concernant les recettes de l'hôtel. Au bout d'une heure, je chope un mal de tête affreux et je monte les rejoindre dans la chambre de Mathieu.
"Wow, Miss Monde est de retour !"
"Tiens, tu parles à nouveau, Tom ?" Le pauvre, je lui ai coupé le sifflet.
Ils regardent la télé, pour changer. Ils sont assis sur des fauteuils, ou allongés sur le lit. Dure dure, la vie de star... Gustav les rejoint :
"Et euh, sinon... tu compte rester debout sur le pas de la porte ?" Décidément, il parle beaucoup, d'un seul coup !
"Ca sent le fauve ici. C'est glauque." Je prend un air dégoûté. Mathieu est vexé.
Je pars dans ma chambre, je somnole sur le lit. Je me sens lourde, fatiguée, j'ai trop chaud.
Je rêve que quelqu'un s'approche de moi, me caresse l'épaule, le dos, la joue. Je sens quelque chose de froid sur mes lèvres, une sensation humide. C'est pas désagréable, mais je n'arrive pas à voir qui m'embrasse. Soudain, je sens un souffle chaud dans mon cou. Je me relève sur les coudes, d'un seul coup.
A quelques centimètres de moi, Gustav est allongé sur le côté, tourné vers moi. Je me lève complètement, redescends ma robe précipitamment. Il me regarde, toujours sur le lit. Je crois qu'il attend que je parle, mais je suis incapable de prononcer le moindre mot. Je suis surprise, vexée de m'être laissée faire à ce point, mais au fond, ça ne m'a pas déplu.
Ce garçon, allongé dans ma chambre, est tout simplement magnifique : le soleil, traversant les rideaux, donne des reflets blonds à ses cheveux, son visage est paisible, son corps détendu...
"Gustav, c'était peut-être pas le bon moment."
"Si on attend éternellement, on rate les meilleures occasions." dit-il en se levant.
Il s'approche de moi, passe sa main dans mes cheveux, et me prend dans ses bras. Il sent bon, il est doux. Il embrasse ma joue.
"Tu devais pas t'entraîner ?" Il a raison : je regarde l'heure, et c'est la panique.
"Merde, j'ai plus qu'une demi-heure pour me préparer et préparer mon cheval..."
Du coup, il s'éloigne pour sortir. En le suivant du regard, je m'aperçois que quelqu'un est debout sur le pas de la porte, appuyé contre le mur : Tom a visiblement assisté à toute la scène.
Gustav est aussi surpris que moi ; il rentre assez vite dans sa chambre, l'air gêné. L'autre ne lâche pas mon regard.
"Ca va vite, ici..."
"J'ai pas à me justifier. T'es vexé, mais tu sais y'a d'autres filles que moi !" Il commence à m'énerver, le bad boy de service.
"Et si c'est pas elles que je veux ?"
"Mon pauvre, t'es à plaindre. Dans la vie, on a pas toujours ce qu'on veut, ni qui on veut." Le problème, c'est qu'il a l'air sérieusement mal. Soit triste, soit énervé, je sais pas trop. Son visage est super crispé, et j'ai l'impression que d'un instant à l'autre il va me frapper.
"Tom... sors de ma chambre." J'essaye de prendre le ton le plus calme possible, comme pour m'excuser. Visiblement, ça lui suffit pas. J'en ai marre de ses silences. Je sais même pas ce qu'il me veut.
"Bon, si tu m'expliquais ?" Ah, le specimen réagit enfin. Il s'approche, l'air super décidé. Là, soit je me prend une giffle, soit...
"Sors pas avec Gustav."
Et sur ces douces paroles, il s'en va, l'animal !